31 octobre 2009

Sur l'autoroute 5


Je ne suis pas sur la route. Je suis sur l’autoroute. Ça n’a rien à voir avec le voyage initiatique de Kerouac. Je n’ai pas comme lui les yeux dans le vent remplis de rêves et de désespoir. Ce n’est pas le même voyage. C’est une forme de déplacement, oui, mais qui ne cherche pas à repousser les frontières de l’inconnu, plutôt le connu, le très connu, le très plate, une implosion féroce dans la quotidienneté et son lot de pylônes électriques et de cônes orangés semés à la va comme je te pousse le long des lampadaires.

Je me rappelle la lecture du Jack kerouac de VLB dans ma vieille mazda rouge une froide matinée d’hiver. Je n’avais pas la clé de la maison et ma mère s’était absentée... Je lisais frigorifié dans mon manteau de cuir des lignes qui ne suivaient aucune structure sinon celle de l'impulsion comme une dérive dans des pages à peines asphaltées, --------------- ces phrases-autouroute balisées ci et là par de longues parenthèses comme lorsqu’on est pris dans le traffic et que l’esprit divague pour mieux subjuguer la douleur de l’immobilité, pour l’enrayer à coup de pensées fuyantes, évanescentes.

Les voilà qui se faufilent entre les pare-chocs et qui remontent le long des carosseries. Je pense à toi Kerouac le fuyard pétri dans ses peurs d’homme pas de courage, mais qui sait raconter une histoire, brave canuck dans les brumes de l’alcool oublié.

1 commentaire:

LeRoy K. May a dit...

voilà le signe d'un vrai intellectuel: être capable de critiquer Kerouac tout en en étant fier à la fois.