27 octobre 2006

eciralC

Il reste encore moins de temps pour v-écrire et pour mériter l'introït, qu'il soit aigu ou tout en sourdine à l'orée des mystères ravageurs de son hymen. Clarice, Clarice, ton nom, pur délice, s'effiloche et s'embrume à l'embouchure de la langue. C'est que je ne sais plus du tout par où te prendre... Tes métamorphoses: moults mélanges volages, subtils me rappellent, jadis, les cerisiers rosoyant les rues de Tokyo. Clarice, tu es marées de lettres solitaires repliées en elles-mêmes se coudoyant à la surface. Et tes reflets, néons, glacés, figés aboutissent, suite à une cascade de plis et de spirales, au point focal incontournable des horizons perdus, là où les droites se croisent et où les courbes, enchevêtrées, se retrouvent en cavalcades folles : ce sont tes lettres dépistées, dévidées, décomposées, C-l-a-r-i-c-e. Et la rumeur veut que tu puisses, au bout du texte des textes, y lire, comme dans la surface de cristal d'un gratte-ciel, l'envers des choses et leur profondeur retrouvée : e-c-i-r-a-l-C. Voici en toutes lettres ton portugais réinventé : eciralc: cirlac, laceric, cliracé. Petite musique sensuelle pour le clinquant refuge des sons s'entrechoquant dans le tympan. Ton nom comme des gouttes d'eau sur mon iris : Eciralc - te voilà déjà grande avec ce E qui te va à ravir et qui fait siffler les consonnes, ce premier «c» comme vision incendiaire et ces cernes que tu fais dans mes yeux d'eau s'élancent sans cesse sur ce deuxième «c», sec et coriace, lui, et qui vient à la fois clore et ouvrir en boucle aux dépisteurs, la saveur de ton nom. Clarice, c'est du sel sur la langue, des algues qui refont surface et qui aiment et qui rôdent sur la crête de tes sons de cristal. On pourrait écrire des clairières et des flaques d'eau clariciennes et s'y perdre et s'y fondre sans pour autant perdre le sens de ton nom, car tu es Une, et au-delà de toutes ses métamorphoses, tu es notre délicieuse coquerelle: Clarice.

5 commentaires:

superk a dit...
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superk a dit...

C englobant, L longiligne, A absorbant,
R Rageur, I hirsute, C contrôlant
E qui esquive les consonnes

Comme une alchimie nouvelle et éternelle entre Clarice et Eciralc donnée à la multitude pour les Siècles des siècles.

Tokyo rosoit en larmes au fond du lac Ashinoko pendant que blanchissent les cerisiers en prose.

Nina Louve a dit...

Merci. J'ai adoré.

Bourbon a dit...

K : Superbe reprise aquinienne pour notre Prochain épisode à nous!

NL : Merci à toi. Vraiment.

Nina Louve a dit...

Bourbon, un écho de mercis qui se cognent l'un contre l'autre.