26 juin 2009

Vérification des mots

Voilà plus d'une heure que je fouine dans mes blogues favoris, m'ébahissant à la lecture des suggestions de lecture du Doctorak et de ses vignettes littéraires, trébuchant çi et là sur maintes infos substantielles servies par le très prolifique Super K. Ces blogueurs me font pâlir d'envie. Je n'ai pas, comme eux, la fougue, la discipline ou, tout simplement, la capacité à gérer mon temps en fonction d'une activité qui demande une folle énergie de composition et d'assemblage. Je suis resté derrière avec, comme seul signe vital depuis des mois, un pet dans l'espace digital.
Je suis toujours à cheval entre mes habitudes de lecture et d'écriture, submergé, hypnotisé par les lois de l'attraction des mots des autres qui me clouent sur ma chaise et me font me prendre la tête dans mes mains lorsque j'aperçois tous les livres que je voudrais avoir le temps de lire. Écrire ou lire? La raison première qui avait motivé mon choix d'études littéraires: je voulais avoir le temps de lire. J'ai été bien servi en matière de livres; le temps, il aura toujours fallu l'arracher aux petites heures du matin, surtout lorsqu'il s'agissait de lire autre chose que le canon des études françaises (aujourd'hui rebaptisées "Littératures françaises).
Si le désir de lecture s'est amplifié, les opportunités de lecture, quant à elles, semblent réduites, mises au défi par la facilité crade de s'installer devant une machine à faire défiler des images qui, ai-je lu quelque part cette semaine, tend à engourdir le cerveau du littéraire jusqu'à le plonger dans une transe débilitante.
Les occasions de passer à côté d'un bon livre me rendent malade. Si j'ajoute à cela mon désir de relire le top 100 des oeuvres littéraires majeures, le 18 brumaire prétentieux (une liste volontairement chiante des oeuvres les plus difficles à ingérer que j'avais concoté avec mon chum punk anarchiste passioné d'histoire romaine - devenu papa depuis et faisant l'aller retour entre Internet et les couches comme nouveau seuil (deuil?) d'interprétation du réel), les nombreux titres de littérature américaine en attente, la littérature japonaise, des origines du haïku jusqu'aux oeuvres d'avant-garde, plusieurs titres québécoise alléchants que l'on retrouve chez des éditeurs québécois audacieux et raffinés (Quartanier, Tryptique, Rodrigol, Ta mère...),
Hubert Aquin au complet encore, Gauvreau comme il faut comme quand je me dis je vais relire cette partie là demain pour mieux saisir, sans compter tous les essais, la philosophie, les quelques blogues qui reconstruisent l'autorité à leur insu par les voies digitales, les magasines, les boîtes de céréales ( le vrai personnage principal de CRAZY mériterait que l'on s'attarde sur lui en faisant un beau gros blockbuster sur le nerd Dosto-Cheeriosky) Bref, ça me rend malade. Quelqu'un aurait-il un remède? S.V.P.
Entre temps, à défaut de trouver une recette à mon syndrôme littéraire, je me rabats sur mon nouveau passe-temps, inutile et fantastique, comme un nénuphar dans un poumon. (Cette dernière comparaison, c'est de l'interprétextualité : un composé qui s'infiltre inopinément à même une phrase banale pour annoncer de façon subtile le sujet de mon prochain billet - cliquer ici si vous ne voulez pas que cette boîte de dialogue apparaisse à nouveau. ) Mon nouveau passe-temps consiste donc à composer un poème élégiaque animaloupien constitué de mots générés par la machine qui impose un bpm planétaire à mon coeur : je parle de la fonction "Vérification des mots" qui filtre un peu tout de même les niaiseries qu'on se dit en nous imposant comme miroir un mot tout aussi insignifiant, d'ou mon intérêt poétique pour la matérialité toute en son de cette étrange entité qui scande non échanges. On dirait l'oeuvre de Gauvreau sur le mode aléatoire récupérée par Google. Commenter, c'est transmettres des résonnances. Quoi de mieux qu'un rituel en hommage à Gauvreau pour échanger des mots?

1 commentaire:

LeRoy K. May a dit...

tu peux te rassurer: moi aussi je dors, parfois.

mais je lis des ovnis en spirale et des quartaniers me surprennent, la nuit.